Défiscalisation

Réforme de la plus-value immobilière en 2026 : ne vendez pas avant de vérifier le texte applicable

Éloïse Delmas-Lenoir 8 min de lecture
Réforme plus value immobilière 2026, calcul et acte avant vente

Pour une vente signée en 2026, il faut distinguer le droit applicable des annonces parlementaires. Une proposition votée, un amendement ou un texte adopté par le Sénat ne modifie pas, à lui seul, votre impôt. Sans loi définitivement adoptée et publiée, la plus-value immobilière des particuliers reste calculée selon le régime en vigueur : abattements liés à la durée de détention, taux global de 36,2 % avant éventuelle surtaxe et exonération de la résidence principale sous conditions.

Ce que recouvre réellement la réforme annoncée

La réforme de la plus-value immobilière 2026 a suscité de nombreuses interprétations, plusieurs textes ayant circulé pendant la navette parlementaire. Il faut distinguer une mesure proposée, une mesure votée par une chambre et une règle effectivement applicable. Seule la publication du texte définitif permet de connaître la fiscalité à retenir pour une vente.

Quiz sur la réforme de la plus-value immobilière 2026

Testez vos connaissances à partir des informations présentées dans l’article.

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2. Quels sont les deux taux cités dans l’article ?

3. Quelles durées d’exonération sont mentionnées ?

4. À partir de quel montant de plus-value l’article évoque-t-il une surtaxe ?

5. Quel forfait travaux est cité dans l’article ?

6. Quelle situation bénéficie d’une exonération selon l’article ?

Les mesures évoquées dans le texte sénatorial

Le texte discuté au Sénat prévoyait notamment une refonte de la taxation des résidences secondaires et des biens locatifs. Il était question de supprimer les abattements pour durée de détention, d’actualiser le prix d’acquisition avec un coefficient d’érosion monétaire lié à l’inflation et de réduire les taux à 9 % pour l’impôt sur le revenu et 6 % pour les prélèvements sociaux. Une entrée en vigueur au 1er janvier 2027 était également évoquée.

Ces éléments ne peuvent pas servir de base ferme pour simuler un compromis ou un acte de vente en 2026. Ils décrivent une orientation possible, pas une règle garantie. Le traitement spécifique des reventes rapides, évoqué autour d’une taxation d’environ 30 % dans les deux ans, relève lui aussi d’un projet. Il ne doit pas être intégré automatiquement au calcul actuel.

Le bon réflexe avant de fixer une date de signature

Demandez une estimation fondée sur le régime en vigueur à la date prévue pour l’acte authentique. Si une réforme est annoncée, faites établir un second scénario, clairement présenté comme hypothétique. Cette précaution évite de reporter une vente dans l’espoir d’un avantage qui pourrait être modifié, différé ou supprimé avant sa promulgation.

Le calcul applicable : taux, abattements et surtaxe

La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de cession corrigé et le prix d’acquisition majoré. Cette base est ensuite réduite par des abattements distincts pour l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.

Élément Règle applicable
Impôt sur le revenu 19 % après abattement pour durée de détention
Prélèvements sociaux 17,2 % après abattement spécifique
Taxation totale avant surtaxe 36,2 %
Exonération d’impôt sur le revenu Après 22 ans de détention
Exonération des prélèvements sociaux Après 30 ans de détention

Pour l’impôt sur le revenu, l’abattement atteint 6 % par année de détention de la 6e à la 21e année, puis 4 % la 22e année. Pour les prélèvements sociaux, il s’élève à 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, à 1,60 % la 22e année, puis à 9 % par an de la 23e à la 30e année.

La surtaxe au-delà de 50 000 €

Une surtaxe s’ajoute lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 €. Son taux commence à 2 % et peut atteindre 6 % au-delà de 250 000 €. Entre 100 001 € et 150 000 €, le taux indiqué est de 3 %, puis de 4 % jusqu’à 200 000 € et de 5 % jusqu’à 250 000 €. Le calcul suit des modalités propres. Il ne suffit donc pas de multiplier mécaniquement la plus-value par un seul taux.

Réduire légalement la base taxable avant les abattements

Le calcul ne repose pas uniquement sur l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente. Les frais supportés par le vendeur et correctement justifiés peuvent réduire la plus-value imposable.

Prix de vente net et prix d’acquisition majoré

Le prix de cession peut être diminué des frais restant à la charge du vendeur, par exemple certains frais de diagnostics ou une commission d’agence effectivement supportée. À l’inverse, le prix d’acquisition peut être majoré des frais d’acquisition réels ou, en l’absence de justificatifs, d’un forfait de 7,5 %.

Les travaux réalisés par une entreprise peuvent être retenus sur factures lorsqu’ils remplissent les conditions fiscales. Pour un bien détenu depuis plus de 5 ans, un forfait travaux de 15 % du prix d’acquisition peut être appliqué sans présenter les factures correspondantes. Le forfait et les dépenses réelles ne peuvent pas être cumulés pour les mêmes travaux. Les dépenses déjà déduites des revenus fonciers ne doivent pas non plus être retenues une seconde fois.

Une simulation simple pour comprendre la mécanique

Supposons un bien acheté 300 000 € et revendu 500 000 €, avec 10 000 € de frais de cession. Le forfait de 7,5 % porte les frais d’acquisition à 22 500 €. Après plus de 5 ans de détention, le forfait travaux représente 45 000 €. Le prix d’acquisition majoré atteint donc 367 500 €, tandis que le prix de cession net s’élève à 490 000 €. La plus-value brute est de 122 500 €.

Après huit ans de détention, l’abattement applicable à l’impôt sur le revenu est de 18 %, tandis que celui des prélèvements sociaux atteint 4,95 %. La base imposable diffère donc selon le prélèvement concerné. Cette simulation reste indicative : la surtaxe éventuelle, le nombre de vendeurs et les particularités du dossier doivent être examinés séparément.

Résidence principale, location, SCI : les situations qui changent tout

La résidence principale demeure exonérée

La vente de la résidence principale est en principe totalement exonérée de plus-value immobilière. Le logement doit être la résidence habituelle et effective du vendeur au moment de la cession. Après un déménagement, l’exonération peut être maintenue si le bien est mis en vente sans délai anormal, reste libre de toute location et est vendu dans un délai généralement admis d’environ un an.

Pour une résidence secondaire, un logement locatif ou un terrain à bâtir, l’imposition est la règle, sauf exonération particulière. La première cession d’un logement autre que la résidence principale peut notamment être exonérée si le vendeur n’a pas été propriétaire de sa résidence principale durant les quatre années précédentes et réemploie le prix dans les 24 mois pour acheter ou construire sa résidence principale.

SCI, LMNP et détention à plusieurs

Une SCI soumise à l’impôt sur le revenu relève généralement du régime des plus-values des particuliers. Une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés obéit à un régime professionnel différent. En location meublée non professionnelle, les amortissements peuvent faire l’objet d’une réintégration selon les règles applicables. Une estimation standard est donc insuffisante.

En indivision, la plus-value et le seuil de surtaxe doivent être appréciés pour chaque cédant, selon ses droits dans le bien. La situation personnelle des vendeurs et la structure de détention peuvent donc modifier le résultat final, même lorsque le prix de vente reste identique.

Vendre maintenant ou attendre un palier de détention ?

Attendre peut réduire l’impôt, mais seulement si le gain fiscal compense les autres coûts : baisse du prix de vente, coût du crédit, charges, vacance locative ou besoin de liquidités. La comparaison utile oppose le net vendeur aujourd’hui au net attendu après la date envisagée, et non le seul montant d’impôt.

La durée de détention augmente les abattements à des dates précises. Quelques semaines peuvent donc faire basculer une vente dans une année supplémentaire d’abattement. Avant de signer un compromis, vérifiez la date exacte de l’acte d’achat et celle de l’acte authentique projeté. Ce calendrier, plus que la date de mise en vente, peut modifier l’assiette taxable.

Le notaire calcule la plus-value, contrôle les justificatifs, prélève l’impôt lors de la signature et le reverse à l’administration fiscale. Préparez dès le début l’acte d’acquisition, le décompte des frais, les factures de travaux, les justificatifs de commission et les éléments prouvant l’occupation du logement si vous invoquez l’exonération de résidence principale.

Pour une SCI, un LMNP, un non-résident ou une plus-value élevée, une simulation personnalisée avant la mise en vente permet de comparer le régime actuel avec les hypothèses de réforme. Elle aide aussi à vérifier les conditions d’exonération, les paliers de détention et les documents à transmettre au notaire.

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Éloïse Delmas-Lenoir

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